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Descente de la Tsiribihina

Aujourd’hui c’est le premier jour de mon package descente en pirogue + Tsingy, rendez-vous a 11h avec Aurélie que j’ai rencontré hier a l’hôtel, Matthieu, Johanna et Charlotte, 3 jeunes kinés de la réunion et enfin Rodrigo notre guide. Toute l’équipe monte dans un taxi brousse privatisé pour l’occasion direction Miandrivazo ou nous arriverons a la nuit tombée, en route quelques arrêts photo permettent d’égayer un peu le trajet.
Après une bonne nuit, départ aux aurores, il faut encore parcourir quelques km de piste pour rejoindre la village d’où partent les pirogues.

Les pirogues sont des embarcations fines et longues creusées d’un seul tenant dans un tronc de Balsa, on y tient assez facilement a 5 ou 6, 3 ou 4 passagers et deux piroguiers, si une fois chargées de passagers et d’affaires l’eau est assez proche du bord cela suffit a rester au sec, c’est par ailleurs une embarcation étonnamment stable et manœuvrable. La rivière ressemble plus a un fleuve, large, plate et avec peu de courant, mes expériences précédentes en canoë me dise que pagayer ici ne va pas être une partie de plaisir… pour les piroguiers, nous n’embarquons pas de rames pour les passagers.
Le trajet sur la rivière permet d’admirer tranquillement le paysage, les berges de la rivières sont tantôt couvertes de végétation tantôt sableuses et désertiques, on voit quelques caméléons sur les branches au dessus de l’eau, des petits oiseaux d’un rouge flamboyant, des grands hérons et quelques autres oiseaux. On voit aussi de temps en temps des maisons au bord de l’eau, on fera une premiers pause sur la berge sableuses au niveau d’une cabane ou il y a quelques malgaches, visiblement une fête se prépare, ils ont prévu de partir chasser du gibier, nous montrent leurs fusils artisanaux faits de bric et de broc, de quoi manger et surtout boire. Au passage je croise mon premier lémurien qui vis avec nos hôtes, apparemment certains lémuriens s’apprivoisent assez facilement, il suffit de les nourrir. J’avoue l’animal a son charme, avec sa fourrure rousse, son regard malin et sa façon se sauter un peu partout.

Vers midi on s’arrête a nouveau sur la berge, il y a ici quelques cabanes, la famille d’un de nos piroguiers vit ici, il s’agit d’un lieu temporaire vu qu’ils ont également une maison dans le village voisin, il y a plein d’enfants qui jouent un peu avec nous, notre guide et les piroguiers nous préparent un repas. Nous mangerons des sandwichs plutôt bon, notamment vu les conditions de cuisine et de l’ananas succulent au dessert. Les malgaches ne mangent pas avec nous, si cela surprend certain de mes compagnons de voyage, c’est une pratique courante dans beaucoup de pays, eux mangent principalement du riz, qui est l’aliment de base a Madagascar et les malgache peuvent en manger en quantité impressionnante !
Un peu plus loin on fait un arrêt a une cascade, contrairement a la rivière l’eau est d’un bleu vert transparent du plus bel effet, même si il faut payer un exorbitant 7000AR (2€) pour accéder a la cascade l’endroit vaut la peine et on passera un peu de temps a se rafraîchir dans l’eau.
Après quelques heures supplémentaires de pirogue, nous arrivons a la tombée du jour sur notre lieu de camping, nous dormirons au bord de l’eau sous la tente, a proximité d’un gros village. Il fait déjà presque nuit mais nous partons visiter le village accompagné d’un des piroguiers, dans la pénombre il y a plein de monde dehors, des enfants qui crient vahza un peu partout, un marché a peine éclairé par les lampes de poches et lampes a pétrole, quelques épiceries, un bar/discothèque qui passe de la musique. L’occasion d’acheter quelques bières pour l’apéro, les enfants nous suivent un bout de temps sur le chemin du retour.

Au retour le repas est prêt et Rodrigo a en fait tout prévu, apéro inclus, ruhm coco:-). Apres le repas quelques villageois viennent faire de la musique et danser, l’alcool aidant un peu, tout le monde finira par danser avec eux !

Ce soir je découvre également le ciel austral et ses millions d’étoiles, si on m’en avait déjà parlé, en vrai et dans la nuit totale c’est vraiment impressionnant, on distingue clairement la voie lactée d’un blanc laiteux, les constellations que je connais depuis mon enfance n’existent pas non plus ici ; on comprends mieux le désarroi des premier marins explorateurs de l’hémisphère sud.

Après une bonne nuit sous la tente, un bon café et c’est parti pour notre deuxième journée de pirogue, ce matin on voit quelques crocodiles sur les berges, le plus impressionnant c’est peut être d’apercevoir des villageois en train de laver leur linge a quelques mètres d’un reptile de 2m ! Si la rivière était autre fois connue pour être infestée, la chasse intensive pour la viande (oui ça se mange) et surtout la peau des crocodiles les as rendu rares. Nous ferons une pause déjeuner dans un village sur les berges, l’occasion de se balader un peu, de voir la vie des villageois et de boire une bière (fraîche !) dans le bar du village. Certains goûterons le manioc, moi je connais et ça sera sans moi, j’ai vraiment du mal avec le goût.

Au soir nous arrivons a proximité d’un autre village, nous dormirons sur la berge opposée, passerons un moment a jouer aux cartes et a faire du lightpainting.

Cette nuit il a plu, si les dégâts dans la tente sont limités, je suis juste un peu humide, les Malgaches eux ont dormi dehors et sont passablement trempés, s’ils grelottent un peu ils ont toujours le sourire. Si la situation peu surprendre, dormir dehors plutôt que sous tente semble être une tradition ou habitude, la place sur les pirogues autoriserait sans problème d’emporter 3 tentes supplémentaires.

Après avoir replié les tentes et tout rangé sur les pirogues il nous reste ¼ d’heure avant d’arriver au village ou pas mal de monde nous attends, vu qu’on as un peu de temps on fera une photo de groupe et surtout on emprunte les pirogues pour traverser la rivière. Je me retrouve tout seul sur ma pirogue mais mon expérience du kayak aidant j’ai déjà traversé alors le reste de l’équipe sur l’autre pirogue galère a avancer ! La position a l’arrière est un peu difficile a trouver, on est assis sur le bord fin tout a l’arrière, donc au dessus de l’eau et en équilibre qui semble assez précaire, en fait avec la pagaie dans l’eau on s’équilibre dans trop de problème.

Il est temps de dire au-revoir a nos piroguiers qui repartent dans l’autre sens et mettrons 5 a 6 jours pour remonter la rivière.

Les pirogues sont d’une légèreté très surprenante vu leur taille, elles sont construites dans un demi tronc de balsa évidé, bois qui as l’avantage d’être très léger et d’avoir une flottabilité exemplaire. Les embarcations très effilées offrent assez peu de résistance a l’eau, restent très maniables et sont ici un moyen de transport de personne et de marchandises encore couramment utilisé, les bateaux a moteur sont ici encore très rares alors que la rivière est le seul moyen d’accès a bon nombres de villages.

La suite se passe avec un nouveau moyen de transport local : la charrette a zébus. On se rends vite compte de l’intérêt de ce moyen de transport a priori archaïque, le chemin est très mauvais et je pense qu’aucun véhicule motorisé n’est capable de passer ici, avec deux zébus par contre on tire sans problème une charrette chargée avec des affaires et passagers a travers les profondes ornières, dans un bon mètre d’eau, a travers des montées et descentes raides, dans le sable, a travers la rivière, c’est vraiment le véhicule tout terrain par excellence et si nous descendons parfois c’est plus par sécurité qu’autre chose (éviter un renversement éventuel).

Les charrettes a zébus restent très utilisées a Madagascar, on en voit autant en ville qu’a la campagne, si c’est un moyen particulièrement lent, le coté passe partout et les lourdes charges qui peuvent être transportées sont un vrai avantage, tout comme sont faible coût.

Après une bonne heure de route nous arrivons au prochain village ou nous récupérons le véhicule qui nous emmènera jusqu’au Tsingy et a Morondava : un gros 4×4 Mitsubishi capable d’affronter les pistes malgaches. Il nous faudra quelques heures de piste pour rejoindre le village d’où part le bac pour Belo sur Tsiribihina, Aurélie nous quitte ici, elle continue avec le taxi brousse vers Morondava. Une fois la pause déjeuner, ou je mangerais le canard le plus dur que j’ai connu, terminée nous prenons le bac direction Belo sur Tsibihinia.

Le bac c’est deux pirogues métalliques qui reliées entre elles forment une plate-forme sur laquelle on fait monter les véhicules et passager, le tout propulsé par deux monocylindres diesel, les mêmes que ceux que j’avais vu en Birmanie, c’est un moteur ultra basique, pas la moindre électronique, ça démarre a la manivelle qui entraîne une énorme roue a inertie et ça fait un bruit assez caractéristique (pour le volume sonore par contre aille !).

Après 40 minutes de traversée nous arrivons enfin a Belo sur Tsiribihina notre destination du jour.

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