> Pays > Afrique > Sénégal > Kedougou 1/2: Bienvenu en pays Bassari et Bedik

Kedougou 1/2: Bienvenu en pays Bassari et Bedik

Après une nuit reposante malgré la chaleur a Tamba (Tambacounda) il me reste 230km a faire pour rejoindre Kedougou. Une fois n’est pas coutume j’hérite de la dernière et plus mauvaise place dans le 7 place, a savoir au milieu sur la dernière rangée et j’apprends que 7 places n’inclus que les adultes, on embarque 4 enfants en plus ! Résultat 5 de trajet dans une voiture plus que chargée, avec 45° a l’ombre, sur des routes en assez mauvais état de surcroît, bref épuisant.
A Kedougou je loge au Nieriko, c’est un ensemble de cases, situé en prés du fleuve Gambie, en bordure de la ville, avec douche, wc, ventilateur et clim… Sauf que la et pour les 4 jours qui viendrons il n’y aura pas de courant, donc ni ventilateur, ni clim. Ici il y a moi et un vieux monsieur venu pratiquer la chasse en brousse.

Kedougou ne compte pas beaucoup d’habitants mais la ville est assez étendue, peuplée pour bonne partie de Bediks et Bassaris qui préfèrent vivre dans les cases traditionnelles plutôt que les bâtiments modernes, il y a donc un peu partout des clôtures en bambous entourant 4 ou 5 cases soit une famille.
Au cours de ma balade je rencontre un artiste peintre qui fait de très beau tableaux colorés, il a déjà fait plusieurs expositions en Europe d’ailleurs la il n’a que deux tableaux, les autres sont en Suisse. Il exerce également une activité de peintre et réalise des panneaux pour les restaurants, hôtels, etc. Il a également beaucoup voyagé, en Afrique mais aussi en Europe et au moyen orient, il est Bassari et un des seuls autorisé a transporter et exposer les masques sacrés de son peuple. Bref c’est un homme très intéressant avec qui j’irais dîner dans un endroit qui ne ressemble vraiment pas a un restaurant mais en est bien un, pour ne rien gâcher c’est super bon et ça fait oublier qu’on est dans une ville ou il fait nuit noire.

Bassaris et Bediks font partie de ce qu’on appelle les ethnies minoritaires, historiquement ils ont fuis le Mali et la Guiné car ils refusaient de se convertir a l’islam, et se sont réfugiés dans les collines de la région. Ils sont chrétiens, animistes voir les deux a la fois mais tiennent surtout a garder leurs traditions, notamment les rites d’initiation et l’organisation sociale des villages.

Après pas mal de négociations j’arrive a louer un 4×4 pas trop cher : 40 000 CFA essence et chauffeur qui me servira également de guide parfois. C’est un vieux pick-up Toyota, les fenêtres ne marchent plus depuis longtemps comme pas mal d’autres choses, il n’a plus de clefs mais démarre en touchant les fils, l’essentiel il roule !
Départ donc pour le village de Dindefelo, la fameuse cascade dont on m’a parlé et Dandé si j’ai le temps, a partir de Kedougou il n’y a plus de routes goudronnées, seulement des pistes plus ou moins praticables, en ce moment saison (très) sèche c’est pas trop mal, encore qu’on roule souvent sur une espèce de « tôle ondulée » assez désagréable.
Dindefelo est un assez grand village avec un campement villageois ouvert aux touriste, le village est accessible en 7 place. La cascade est a 2km du village, 45minutes a pied, a fur et a mesure qu’on se rapproche la végétation devient de plus en plus verte et de plus en plus dense pour déboucher finalement sur une cascade d’une centaine de mètres de haut d’où coule un mince filet d’eau, l’endroit est juste magique et a peine croyable dans cet environnement ou tout est plutôt jaune et desséché.
Après un bon moment passé sous la cascade et a me baigner dans le lagon, retour au village, je rencontre Ousmane qui m’invite a déjeuner chez lui. Ousmane, 55 ans, retraité de l’armée sénégalaise, il a participé a la lutte contre l’insurrection en Casamance et a divers opérations casque bleus en Afrique, il est revenu dans son village natal, travaille parfois a assurer la sécurité des mines d’or de la région et essaye de se lancer dans l’exploitation minière. Repas simple mais bon avec une sauce faite a base d’arachides, ça ressemble a du mafé mais ça n’en est pas. Ousmane me permet de visiter sa case, ici il y a un lit, quelques affaires, des ustensiles divers, un vieux poste de radio, c’est plutôt basique mais fonctionnel. En repartant il m’offre une pomme de cajou, peu de gens le savent mais les noix de cajou sont en fait une excroissance en bas d’un fruit jaune/orange comestible, c’est même plutôt beau. Au passage il m’explique comment on extrait les noix qui sont entourées de deux pellicules, il faut faire griller les noix pour qu’elles s’ouvrent en faisant attention aux projections de liquide très corrosif qui entoure la noix, puis enlever la deuxième pellicule, on comprend un peu mieux pourquoi ça vaut aussi cher !


Cet après midi je loue les services d’un guide local (obligatoire) pour grimper jusqu’au village de Dandé, voir la source de la cascade ainsi que la grotte de lave. La montée est vraiment pas une partie de plaisir, il fait vraiment très chaud, ça monte raide et l’ombre est vraiment très rare. En haut on arrive sur un grand plateau a la végétation basse et sèche, on croise une large de tranchée de terre grise ou rien ne pousse, il y a juste partout des monticules de terre surmontés d’un « chapeau », ce sont des immenses colonies de termitières champignon, une autre sorte de termites que celle qui font les immenses termitières qu’on voit ici partout dans les sous bois.
La source de la cascade est une endroit très surprenant, l’eau sort de sous la roche juste quelques mètres avant la chute, l’occasion de croiser un singe, des chèvres et de voir la cascade d’en haut.
Dandé est un petit village sur le plateau, j’assiste a la construction d’une nouvelle case, chez les Bassaris, lorsqu’un garçon atteint l’age de 15 ou 16 ans on considère qu’il est trop vieux pour rester avec ses parents, on lui construit donc une case qui plus tard accueillera également sa femme et ses enfants. Les cases rondes sont construites avec un mélange de paille et de terre, le sol est en terre battue (littéralement), le toit as une structure de bambous ou de bois sur lequel sont posé des chaumes. Malgré l’aspect très rustique il s’agit de constructions très résistantes aux éléments et il est très rare qu’un homme ait besoin de reconstruire sa case au cours de sa vie. Certaines cases ici auraient 300 ans !

 

Rapide passage par la grotte, inaccessible en ce moment a cause des essaims d’abeilles, c’est juste impressionnant de voir qu’en fait le plateau est une couche de lave d’à peine 1m épaississeur sur une structure beaucoup plus friable.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *