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Sajama, plus haut sommet de Bolivie, 6545m !

Ca fait un bout de temps que l’idée de faire un autre sommet au delà de 6000m me trotte dans la tête et autour de La Paz il y a pas mal d’options, finalement ça sera la Sajama car ça me permettra de franchir la barre des 6500m, c’est un stratovolcan qui as de la gueule et c’est aussi le plus haut sommet de Bolivie.

Mes recherches dans les agences de La Paz m’avaient assez déçues, avec un guide privé c’est très cher (autour de 600$ US) et j’étais parti dans l’idée de partir directement a Sajama et essayer de trouver un guide sur place. Finalement je mets les pieds dans l’agence Adolfo Andino juste pour avoir des infos, une des seule agence qui annonce des départs pour les sommets dans les prochains jours, au final après négociation, je pars demain au Sajama avec un guide privé, transport privé a l’aller, mules et porteur a la monté et retour a ma charge, le tout pour 3100Bs ce qui est bien mieux que les autres agences.

Sajama c’est le nom d’une montagne, d’un parc national et d’un village, de La Paz on mettra 5h a rejoindre le village, on traverse l’altiplano en direction de la frontière chilienne, le paysage est assez hallucinant, c’est tout d’abord plat et désertique a perte de vue puis on voit apparaître le Sajama dont la silhouette se détache de l’horizon, après encore un bout de temps dans un paysage lunaire on arrive enfin Sajama, petit village paumé dans une immense vallée, au pieds de la grande montagne, le village a des airs de far west avec ses rues poussiéreuses, son église construite en briques de boue , sa place du village, quelques échoppes et auberges. Vu le temps qui n’est pas au beau fixe, mon guide décide de rester ici ce soir et que nous monterons directement au camps d’altitude demain.

Ce matin on se lève tôt (ça devient une vraie habitude), après un gros petit dej on pars chargé comme des mules en direction du camps de base, au bout d’1h30 de marche sur du presque plat mais dans le sable volcanique on rencontre notre porteur qui va nous décharger de 25kg de matériel divers et on poursuit la montée, on arrive rapidement au camps de base ou on fera une courte pause et on repars a l’assaut de la montagne. La montée jusqu’au camps d’altitude n’est pas des plus simple, on est la plus part du temps sur des coulées de sable volcanique, le volcan ne semble pas etre constitué de la moindre roche solide ! Du coups on glisse parfois, on s’enfonce et avec l’altitude qui augmente ça devient de plus en plus éprouvant. On arrive au camps d’altitude sur les coups de 15h, a presque 5800m l’altitude se fait déjà sentir et le moindre mouvement est fatiguant. Mon guide passera une bonne partie de la fin d’après midi a faire fondre de la neige pour avoir de l’eau liquide et faire la cuisine. Nous ne sommes pas seul, un Suisse est la aussi, s’il a la 50aine bien tassée lui vient de faire 12 sommets en 3 semaines dans la région et termine ici, il est donc super acclimaté et physiquement on ne joue pas non plus dans la même catégorie, reste qu’il est quand même impacté par l’altitude.

Comme toujours en montagne on s’est couché tôt (18h) mais la tempête se lève rapidement et secoue violemment la tente tout en projetant une fine poussière a l’intérieur au delà du fait que ce n’est pas vraiment rassurant il m’est surtout impossible de dormir. A 1h du matin il est l’heure de se lever, je bois un thé chaud dans le duvet, si le vent s’est calmé il fait désormais très froid. J’enfile tout ce que j’ai comme vêtements, en espérant que ça suffise pour supporter la montée et deux fantômes s’élancent ensuite a l’assaut du sommet. Au début on continue de monter dans les coulées de sable avant d’arriver a des passages rocheux escarpés, s’ils ne sont pas difficile pour un grimpeur comme moi ils sont tout de même assez engagés et j’avoue grimper dans le noir ça a toujours un coté un peu particulier.
Il faut ensuite mettre les crampons et partir a l’assaut de l’immense zone de glace au dessus de nous et elle commence par un phénomène que je connais mais que je n’avais jamais vu jusqu’ici : les pénitents. Il s’agit de murs de glace crées par le vent, en général cela ne dépasse pas 50cm mais ici on croise des pénitents qui font 1m50 voir plus, comme personne n’était au sommet ces derniers jours il n’y as pas de passage évident et il faut régulièrement casser ces murs de glace et monter les grandes marches que cela crée, a basse altitude ça serait physique mais réalisable, a 6000m c’est un enfer et l’effort nécessite des pauses régulières pour reprendre son souffle.


Heureusement au bout d’un moment la taille des pénitents diminue et on arrive sur la pente de glace qui mène au sommet : 60/65° de pente de glace dure, c’est bien mieux que les pénitents mais tout de même suffisamment raide pour représenter un effort important a cette altitude. On fait régulièrement des pauses, plus on monte, plus c’est une épreuve pour moi, je fais 10 pas et dois m’arrêter pour reprendre mon souffle… Le suisse finit par me doubler et me vole la primeur du sommet, mais ce n’est pas bien grave l’essentiel pour moi a ce moment la c’est de tenir et d’arriver en haut !

Il fait de plus en plus froid et il y a de plus en plus de vent, par contre la pente devient progressivement moins raide, après un dernier effort nous voilà enfin sur le toit de la Bolivie, le sommet est comme on me l’avait dit,relativement plat, balayé par les vents et la vue d’ici est juste monumentale.

Rapidement il est temps d’entreprendre la descente qui ne sera pas vraiment une partie de plaisir, la pente de glace ne pose pas de réel problème encore que même en descente il me faut faire des pauses, les pénitents et les passages exposés sont tout sauf une partie de plaisir !


De retour au camps de base on fait une courte sieste avant de ranger le matériel et entreprendre la longue descente jusqu’au village. Ici je vais amèrement regretter de ne pas avoir de porteur, la nuit blanche puis la montée m’ont vraiment épuisé et j’ai désormais plus de 20kg sur le dos dans des pentes de pierrier glissantes, je mâche de la coca pour avoir de l’énergie et après un effort qui me paraît vraiment sur-humain nous voilà de retour au village juste a la tombée du jour. Ce soir je ne fais pas grand chose d’autre que manger et dormir, finalement je repartirais demain matin vers La Paz, avec mon guide.

Le Sajama c’est clairement un cran au dessus du Chachani que j’ai fait a Arequipa, que ce soit l’altitude ou la technicité on est pas du tout dans le même domaine, c’est une ascension qui demande du physique et du mental. Malgré l’épreuve physique je suis très content d’avoir fait cette ascension, c’est une vraie aventure ou j’ai du repousser assez loin mes limites. Pour ceux qui sont tenté par l’expérience, un guide est impératif, comme des vêtements très chauds et une bonne acclimatation préalable.

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