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Uyuni et le Salar

Après une nuit de bus ou je n’ai pas trop dormi pour cause de route en très mauvais état, j’arrive a 7h du matin a Uyuni ou je suis directement assailli par les agences qui proposent des tours sur le Salar. Les tours démarrant vers 10h il serait tout a fait envisageable de partir directement, sauf que je n’ai quasiment pas dormi et que j’ai une lessive a faire, je passerais donc une journée a Uyuni.

Je me prends une chambre a l’hôtel Avenida (70Bs mais avec douche privée) et après quelques heures de repos je pars a la recherche d’une agence et visite la ville. En ce qui concerne l’agence je voulais un tour de 4 jours avec l’ascension d’un volcan mais la seule agence qui le propose a des prix prohibitifs, ça sera donc 3 jours avec une fin a San Pedro de Atacama au Chili.
Pour le reste Uyuni est une petite ville dans un environnement désertique, le vent souffle des rafales de poussière sur la ville, rapidement mes lèvres deviennent salées, cela fait une impression un peu bizarre. La ville est écrasée par le soleil et a part du tourisme on se demande de quoi vit cet endroit, malgré tout c’est charmant avec quelques sympa des statues, des pièces de vieux train a vapeur sur la rue qui longe la gare et des festivités organisées aujourd’hui avec comme souvent au Pérou, défilé en costume et concert.
Si la journée il fait assez chaud, c’est le soir que la légende se confirme, « harto frio » ici des que le soleil se couche il fait rapidement très froid.

Jour 1

Ce matin je rencontre mes collègues de voyage, deux chiliennes, un néo-zélandais et deux espagnoles et notre fier destrier un Land rover Toyota qui affiche fièrement ces 400 000km au compteur, probablement même un peu plus vu que celui-ci ne fonctionne plus !
Notre premier arrêt est au cimetière des trains a la sortie de la ville, ici rouille une bonne dizaine de locomotives a vapeur et ce qui reste des wagons. Historiquement Uyuni était un point de passage des trains miniers qui traversaient la région en direction de la mer mais ce trafic c’est arrêté avec l’arrêt de l’exploitation de certaines mines et le développement du traitement du minerais directement sur le lieux d’extraction. L’endroit s’il n’était pas aussi touristique ne serait pas dénué de charme.

On pars ensuite cette fois en direction du Salar, ou on s’arrête une nouvelle fois a l’entrée du Salar dans un petit village ou on as droit a une petite explication sur l’extraction du sel et surtout une foule de vendeurs de souvenirs. Reste que si on s’éloigne un peu le village a son charme avec ses maisons faites en briques de sel et ses voitures d’un autre age.


Le Salar de Uyuni c’est la plus grande étendue salée au monde, de la taille d’un département français, la couche de sel représente environ 120m d’épaisseur réparties sur 12 couches entrecoupées de cendres volcaniques et/ou autres débris rocheux. Le salar est le résultat de l’écoulement et de l’évaporation de l’eau. Celle-ci tombe essentiellement sur les volcans, se charge en minéraux et s’écoule dans les cuvettes que sont les salar, l’eau s’évapore, les minéraux restent. Sur des millions d’années ce processus filtre les cendres et poussières volcaniques, crée les salar et concentre également d’autres éléments comme les métaux exploités dans les mines.
Au delà du sel de table (Chlorure de Sodium) le salar recèle également quantité d’autre minéraux (Borax, potassium, manganèse), c’est notamment la plus grande réserve de lithium au monde. Le sel est en différentes qualités, le salar n’est pas blanc partout et le sel destiné a la consommation humaine n’est pas directement extrait du sol mais passe par un procédé de raclage du salar qui permet de ne récupérer que la partie pure. Le salar connaît aussi une saison humide ou l’étendue est recouverte par 30cm d’eau ce qui permet de dissoudre le sel et de le re-déposer en une fine et pure couche sur le sol.
Le sel sert également a la construction des bâtiments, sous forme de briques ainsi que dans une forme moyennement pure a la consommation animale. Pour le moment l’exploitation industrielle du salar n’a pas encore commencée mais fort a parier que ce n’est qu’une question de temps vu les ressources qu’il contient.

On roule ensuite sur le salar a proprement parler, immense étendue plate, grillée par le soleil, le sol craquelé varie du beige au blanc immaculé, ce qui impressionne c’est qu’il n’y as pas la moindre bosse, c’est plat sur des km a la ronde.


Au bout d’un moment on arrive a l’île d’Incahuasa, certainement la plus connue du salar, ce sera l’occasion de la pause déjeuner et surtout de la visite de l’île avec ses cactus monumentaux, certains font plus de 15m de haut. D’en haut on se rend un peu plus compte de l’étendue du salar, a perte de vue tout est blanc et plat, a l’horizon on voit les montagnes qui bordent le salar.

Ce soir on dors a San Juan dans une auberge plutôt correcte, douche chaude (10Bs) et même un peu de chauffage dans les pièces communes. Tout le bâtiment est construit en briques de sel, mais l’attraction ce soir c’est l’éclipse complète de Lune, bien visible vu le peu de pollution lumineuse autour de nous.

Jour 2
Ce matin on pars vers 9h, direction plein sud, on n’est plus a proprement parler sur le Salar mais on visite d’autres curiosités géologiques, notamment les arbres de pierre, sortent d’immenses dames coiffées érodées par le vent et les éléments. A perte de vue on roule désormais dans le sable volcanique, s’il y a une piste crée par le passage des voitures notre guide s’en éloigne parfois pour nous montrer des choses.

L’après midi on visite pas mal de lagunes, elles sont alimentés par la pluie mais surtout par des sources souterraines plus ou moins chaudes mais surtout chargés en minéraux, l’eau des lagunes est donc particulièrement toxique mais des bactéries y profilèrent et avec elles les flamand roses par milliers qui se nourrissent des bactéries.


Les lacs ont des couleurs diverses, certains sont d’un rose presque fluo d’autres sont bleu ou vert, presque toujours certaines zones sont couvertes de dépôts minéraux blanchâtres, on assiste en réalité a la création de nouveaux salar.

Ce soir on dort dans une auberge « basique », c’est a dire qu’on est au milieu du désert et que vu le peu d’eau disponible il n’est pas question de prendre une douche, pour le reste l’endroit est confortable même si ce soir il fait vraiment très très froid !

Jour 3
Ce matin on se lève très tôt, le départ est a 6h du matin, après 2h de routes nous nous arrêtons pour la première fois de la journée dans un champ de geysers, ici, au fond d’une espèce de cuvette de grands jets de vapeur s’élèvent dans le ciel. Le premier geyser visité est en fait une tentative de forage datant des années 70, reste un tube dans le sol d’où s’échappe un immense jet de vapeur.

On se rapproche ensuite de la zone a proprement parler, l’endroit donne une impression bizarre, celle de ne plus vraiment être sur terre, le sol est accidenté, il y a un peu partout des petites mares d’où s’échappe de la vapeur, au fond des marres il y a soit de l’eau soit de la boue qui bouillonne. L’odeur de souffre et les gaz brûlent la gorge des qu’on se trouve dans la vapeur, par endroit le sol est tellement chaud qu’on le sent a travers les chaussures !

Après un peu de route nous arrivons a des sources chaudes ou j’irais me baigner après le petit dej. C’est toujours aussi agréable d’être dans l’eau a 38° alors qu’il fait franchement froid dehors et qu’il y a de la glace a même pas 1m de moi. Nous visitons ensuite la laguna blanca et la laguna verde (qui n’est plus vraiment verte), d’un intérêt moindre que les lagunes d’hier puis mon chauffeur me dépose a la frontière ou un bus m’attends pour me rendre a San Pedro de Atacama

Si ce tour est extrêmement touristique c’est probablement l’un des endroits les plus hostile que j’ai jamais vu, ici peu d’eau potable, presque rien ne pousse, on est dans un désert de sel et de pierre, entouré de hautes montagnes et c’est pour ce moi ce qui rend l’endroit aussi impressionnant. Le mauvais coté c’est qu’il y a pas mal de monde, qu’on passe finalement beaucoup d’heures assis dans un 4×4, les distances sont grandes et les pistes pas toujours très lisses.

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